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En marge du rapprochement entre Suez et Gaz de France, un autre dossier politico-économique devrait faire son retour sur le devant de la scène: Areva. Le géant du nucléaire pourrait faire son entrée en bourse dès le second semestre 2007, selon des sources bien informées. Reste à savoir sous quelle forme et dans quelles conditions.

L'avenir du groupe Areva est aussi obscur que le dossier est sensible. Dans un contexte de renchérissement généralisé de l'énergie, la filière nucléaire constitue un joyau convoité, d'autant qu'il est aux mains d'un petit nombre d'acteurs. Le géant français piloté par Anne Lauvergeon dispose d'une position privilégiée de par son savoir-faire unique et son implication dans l'ensemble du cycle nucléaire. Le gouvernement de Dominique de Villepin, malgré une certaine pression industrielle, avait renoncé à privatiser l'entreprise. Avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy aux commandes du pays, la spéculation est relancée concernant l'avenir du groupe, mais la stratégie du nouveau gouvernement est un secret bien gardé dans l'hexagone.

Pour obtenir des informations sur Areva, mieux vaut semble-t-il franchir le Channel. Le vénérable Financial Times, le quotidien économique britannique de référence, est en effet parvenu à débusquer une "source proche du dossier", selon la formule consacrée. Selon cet informateur mystérieux, le gouvernement de François Fillon plancherait déjà sur une entrée en bourse du géant du nucléaire. Du moins sur une entrée en bourse franche et massive, car les investisseurs avertis savent qu'il existe un "certificat d'investissement" Areva à la Bourse de Paris, qui représente une fraction modeste du capital, dépourvue de droits de vote. "Ce n'est plus une question de principe mais une question de calendrier", selon cette source, qui estime que "l'entrée en bourse est la solution la moins sujette à controverse", tandis qu'une annonce sur le montage "devrait intervenir dans les prochaines semaines pour une opération d'entrée en bourse sans doute au second semestre 2007".

Intérêts multiples. Les choses se compliquent cependant concernant les modalités exactes. On connaît l'intérêt du groupe Bouygues pour Areva, une piste renforcée par les liens existant entre Martin Bouygues et le nouveau Président de la République. Alstom n'est pas loin non plus, d'autant que Bouygues détient plus du quart du capital du groupe. On a récemment appris que le géant pétrolier Total, qui doit entamer sa mue pour anticiper l'appauvrissement, à terme, des réserves pétrolières, ne serait pas insensible au dossier. On sait enfin que l'allemand Siemens, qui détient 34% d'Areva NP (la branche conception de centrales, anciennement Framatome), ne restera pas les bras croisés et entend faire partie intégrante de l'opération.

Pour la source du Financial Times, la question se pose de savoir si le gouvernement entend simplement ouvrir le capital au public en attendant de faire entrer un partenaire ou si les deux opérations seront concomitantes. Une interrogation subsiste également sur le périmètre d'entrée en bourse. Les tenants de la théorie la plus consensuelle pensent qu'Areva NP pourrait arriver sur le marché, avec une entrée d'un industriel au capital. Siemens pourrait alors échanger sa part contre une fraction du capital du groupe Areva, qui chapeaute les différentes divisions. Car le cas d'Areva NC, alter ego d'Areva NP spécialisé dans le cycle nucléaire (extraction, conversion et enrichissement) est beaucoup plus sensible, car il concerne des activités clefs dans l'approvisionnement nucléaire que la France ne souhaite pas voir tomber dans des mains étrangères. Un analyste cité par le quotidien britannique pense que le gouvernement pourrait faire entrer Total voire EDF dans le capital de cette branche, avec un intérêt minoritaire.

Risque de démantèlement en filigrane. En adoptant une stratégie décalée pour les différents pôles d'Areva, le risque de démantèlement s'accroît. Une solution qu'Anne Lauvergeon a toujours cherché à éviter. La dirigeante, bien que liée à l'actuelle opposition de par son parcours antérieur, a cependant l'oreille de Nicolas Sarkozy. Elle a, par le passé, cherché à se défaire de la tutelle de l'Etat, qui l'a handicapée dans la gestion de certains dossiers, comme la tentative de rachat de Bonus en 2003 pour 350 millions d'euros, bloquée par Bercy qui jugeait l'opération trop coûteuse, ou plus récemment dans le dossier REpower. En 2006, l'ancien Premier Ministre Dominique de Villepin et son Ministre de l'Economie Thierry Breton n'avaient pas souhaité ouvrir le capital du groupe, alors qu'un projet interne prévoyait cette opération. Avec l'avènement de Nicolas Sarkozy, les cartes devraient rapidement être redistribuées.

Les grandes manoeuvres débutent, en tout état de cause nous sommes fermements opposés à ce que la filière nucléaire passe dans les mains du privé, les risques sont trop importants.

Mr Gadonneix réclame l'ouverture du capital d'EDF dans les limites fixées par la loi ( 70%) on peut comprendre qu'une stratégie de fusion acquisition est en cours  ( les 21 milliards d'euros seront vite réinvestits )

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